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La chanson de Lucy, par Mumu

DVD Plastic Ono Band
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Bonsoir Paris, les Beatles et la presse française
Bonsoir Paris, les Beatles et la presse française


30 juin - 5 juillet 1966. Six jours dans la vie des Fabs.
Six jours de bruit et de fureur, six jours "ordinaires" d'une existence extraordinaire lorsqu'une heure valait un jour, un jour une semaine, une semaine un mois et un mois toute une vie !
Lucy revient sur cette tournée hors du commun.

La tournée à Manille, raconté par les Beatles


Le 3 juillet 1996, les Beatles quittent Tokyo et se posent à Manille….


Ringo : J'ai détesté les Philippines. Quand on est arrivés, il y avait des milliers et des milliers de mômes et des centaines et des centaines de policiers - c'était assez inquiétant. Tout le monde avait des flingues et ça faisait vraiment penser au comportement chaud/catholique/flingue/Inquisition espagnole.

George : Dès notre arrivée là bas, ça s'est mal passé. Il y avait de méchants gorilles -de tout petits hommes- en chemisettes qui se comportaient de façon très menaçante. La procédure à cette époque, la Mania s'étant propagée partout, c'était qu'en arrivant à un aéroport, on ne sortait pas de l'avion comme les gens ordinaires. L'avion atterrissait et allait tout au bout de l'aéroport pour qu'on puisse sortir, généralement avec Neil et nos " valises diplomatiques " (on transportait notre nécessaire de toilette -et d'autres choses- dans de petits sacs) ; on montait dans une voiture, on évitait les formalités et on se rendait au concert. Mal Evans, Brian Epstein et les autres s'occupaient des passeports et de tout le reste. Mais dès qu'on est arrivés à Manille, un type nous a hurlés " Laissez ces sacs là ! Montez dans cette voiture ! " .. C'était la première fois qu'on nous bousculait. C'était un manque de respect. Partout ailleurs -Amérique, Suède, Allemagne, partout- même s'il y avait la Mania, on nous traitait avec beaucoup de respect parce qu'on était des personnalités très connues du ShowBiz. Mais à Manille, les ondes ont été très négatives dès l'instant où on est descendus de l'avion, et ça nous a pas mal effrayés. On est montés dans la voiture, et le type nous a emmenés tous les quatre, laissant Neil sur place. Nos sacs étaient restés sur la piste et je me disais " Ca y est, on va se faire gauler ! "

Neil Aspinall : Il y avait des militaires et des espèces de voyous vêtus de chemisettes, pendant sur leurs pantalons, sous lesquelles on devinait leurs flingues. Ces types ont pris les quatre Beatles et les ont fourrés dans une limousine qui est partie sans qu'on les autorise à prendre leurs sacoches. Ils les ont laissées sur la piste -et dans ces petites sacoches, il y avait de ma marijuana. Profitant de la confusion, je les ai mises dans le coffre de la limousine qui devait m'emmener et j'ai dit " conduisez-moi là ou vous avez conduit les Beatles "

George : Ils nous ont emmenés au port de Manille, nous ont fait monter sur un bateau, nous ont conduit jusqu'à un yacht ancré dans le port, et mis dans un pièce. Il faisait très humide, c'était Moustiqueville et on était tous en sueur et effrayés. Pour la toute première fois de nos existences de Beatles, on était séparés de Neil, de Mal et de Brian Epstein. Aucun d'eux n'était dans les parages, et non seulement ça, mais il y avait une rangée de flics armés sur le pont, cernant la cabine où on nous avait mis. On était très inquiets, très abattus. On regrettait d'être venus. On aurait dû se défiler.

Neil Aspinall : On m'a conduit à l'extrémité d'une jetée, je suis sorti de la voiture et ait demandé : " Où sont-ils ? " on m'a montré du doigt : " Ils sont là ", et j'ai vu un gros bateau au milieu du port, à des kilomètres de là. Il y avait apparemment des problèmes entre milices rivales. L'une d'elle les avait emmenés et mis sur ce bateau afin qu'ils rencontrent des gens qui n'étaient pas ceux qui organisaient le concert. C'était très étrange. Je n'ai jamais compris pourquoi on les avait mis sur un bateau.

George : On ignorait totalement pourquoi on nous avait emmenés sur ce bateau, et aujourd'hui encore, je l'ignore. Une ou deux heures plus tard, Brian est arrivé hors de lui, avec l'organisateur philippin. Il hurlait et tempêtait . Tout le monde gueulait et on nous a fait quitter le bateau pour nous emmener en voiture jusqu'à un hôtel.
Le lendemain matin, on a été réveillés par des coups sur la porte et dehors, c'était la panique. Quelqu'un est entré dans la chambre et nous a dit : " Venez, vous devriez être au Palais ! " On a demandé : " De quoi vous parlez ? On ne va dans aucun Palais ! " - " Vous devriez être au Palais ! Allumez la télévision ! ". On l'a fait et on a vu le palais en direct. Il y avait de chaque côté d'un long couloir de marbre deux longues files de gens avec des enfants endimanchés, et le commentateur disait : " Ils ne sont pas encore arrivés. Les Beatles devraient être là ".
On est tombé des nues. On n' en croyait pas nos oreilles, et on n'a plus eu qu'à nous regarder ne pas arriver au palais présidentiel.


Paul : Le matin, je suis sorti tout seul et suis allé dans la quartier des affaires. Je me rappelle avoir pris un tas de photos parce que juste à côté, il y avait un bidonville. Il y avait des baraques en carton jouxtant ce " Wall Street " proches comme jamais je ne les avais vues. J'ai sorti mon appareil. " Ouah, de bonnes images ! ". J'ai acheté une ou deux peintures du bidonville pour les offrir à mon retour, et puis je suis rentré déjeuner à l'hôtel.
Tout le monde était levé et on était dans notre chambre quand on nous a dit : " Il faut tout de suite vous rendre au palais présidenteil ! Vous vous souvenez, vous avez rendez-vous ? " On a répondu " Non, non, non ". Les organisateurs en chemises blanches ornées de dentelles que tout le monde semblait porter à Manille, nous paraissaient un peu louches. Un ou deux d'entre eux portaient des revolvers, alors c'était un peu difficile.
On était habitués aux différentes façons de faire de chaque pays. Ils se sont mis à cogner à la porte : " Ils vont venir ! Ils doivent venir ! " Mais nous, on disait : " Ecoutez, fermez cette foutue porte ". On avait l'habitude : " C'est notre jour de repos ! ". On a découvert plus tard que c'était Imelda Marcos (avec ses chaussures et ses soutiens-gorge) qui nous attendait. Quelqu'un nous avait invités et on avait (poliment, pensions-nous) refusé. Mais le commentateur à la télé disait : " Et la première Dame attend avec les Dames Bleues… " (C'était comme en Amérique, ils avaient des Dames Roses, des Dames Bleues et des Premières Dames - et elles nous attendaient toutes là bas). " … Et le fameux groupe va bientôt arriver ". Et nous : " Merde ! Personne ne les a prévenus ! "
Et les organisateurs nous disaient " Il faut y aller maintenant, une Limousine va vous emmener. " Et nous : " On ne peut pas " . On a tenu bon et on est restés toute la journée à l'hôtel. On a éteint la télé et profité de notre jour de repos.

Ringo : Moi, j'ignorais totalement que Madame Marcos nous avait invités à déjeuner. On avait dit " non ", et Brian Epstein lui avait dit " non ". John et moi partagions un chambre et en nous réveillant le matin, on a téléphoné pour avoir des œufs au Bacon (ou ce qu'on mangeait à cette époque) et tous les journaux parce qu'on adorait lire des trucs sur nous. On traînait au lit, on bavardait et on faisait Dieu sais quoi, mais comme le temps passait, on a rappelé : " excusez-nous, mais on pourrait avoir le petit-déjeuner ? ". Rien ne se passant, on a allumé la télé et on a vu une émission terrifiante sur Madame Marcos qui hurlait " Ils m'ont laissée tomber ! ".
Le caméraman faisait des tas de plan sur les assiettes vides et sur les visages des petits enfants en larmes parce que les Beatles n'étaient pas venus. On avait très poliment décliné l'invitation.

Neil Aspinall : Je crois qu'ils avaient été invités et que Brian avait envoyé un télex ou un télégramme pour refuser - les Beatles ne faisaient ce genre de chose pour personne. Ils ne voulaient pas être politiquement impliqués et n'iraient donc pas au palais. Mais c'était comme si il n'avait pas répondu. Je me suis réveillé et je prenais mon petit-déjeuner quand la télévision a annoncé que les Beatles allaient assister à la réception qu'Imelda Marcos organisait pour tout un tas d'enfants. Ils se sont regardés les uns les autres et ont demandé : " Mais de quoi ils parlent ? ". Ils n'y sont pas allés. Quand tout a été terminé, après qu'ils n'y furent pas allés, et alors que les gens devenaient cinglés, on a demandé à Brian ce qui s'était passé et il a répondu : " J'avais annulé. Vous n'étiez pas censés vous y rendre ". Ca a tourné au vinaigre aux Philppines - Je n'ai pas mangé pendant trois jours (…).
Paul et moi, on s'est faufilés dehors. On devait être soit très courageux soit très naïfs. On est montés dans une voiture et on a roulé pendant des kilomètres - pendant cinq minutes, ça a ressemblé à Manhattan, mais après, ce n'était qu'un terrifiant bidonville - jusqu'à des dunes de sable. On a acheté un ou deux tableaux, on s'est assis dans le sable pour fumer et puis on est rentrés à l'hôtel où tout le monde flippait (en particulier la sécurité) : " Où êtes-vous allés ? Comment êtes-vous sortis ? "
Les gens disent toujours que les Philippines ont été un échec, mais les Beatles y ont donné deux concerts devant un total de près de 100.000 personnes (après l'affaire Marcos) et tous les fans ont pris du bon temps. Ils ont vraiment aimé. Les voyous étaient toujours là pour organiser les choses (rien à voir avec l'armée), mais ils s'occupaient plutôt des fans que de nous. Les voitures allaient dans la mauvaise direction et la loge était une bauge.


George : On a encore eu un gros problème au moment du concert. Brian Epstein avait signé un contrat pour un stade contenant tant de milliers de personnes, mais quand on est arrivés là bas, on aurait dit le festival de Monterrey. Il y avait près de 200.000 personnes et on s'est dit " bon, l'organisateur se fait probablement un petit à-côté ". On est rentrés à l'hôtel vraiment crevés, on subissait le décalage horaire et on en avait plus que marre. Je ne me souviens pas très bien de ce qui s'est passé ensuite, jusqu'à ce que les journaux arrivent et qu'on voie les nouvelles à la télévision.

Paul : Le lendemain matin, quelqu'un nous a apporté un journal dont le titre en première page proclamait en lettres énormes : " LES BEATLES SNOBENT LA PRESIDENTE ". Mince ! " On n'a pas voulu ça " pensions nous. On n'aura qu'à dire qu'on est désolés. On devait quitter Manille le matin même. Quand on est partis de l'hôtel, les gens de la réception se sont tous montrés très désagréables et on a dû se bagarrer comme si on n'avait pas réglé la note.

Ringo : Les choses commençaient à mal tourner, " Allez, sortez du lit ! Faites vos valises, on se tire d'ici ".
Quand on est descendus pour grimper dans la voiture -personne ne nous a aidés - il n'y avait plus qu'un seul motard, alors qu'à notre arrivée, on avait été accueillis par un cortège de voitures.

George : Ca disait " LES BEATLES SNOBENT LA PREMIERE FAMILLE " , c'est comme ça qu'ils avaient décidé de présenter la chose. Personne n'a dit " Oui, mais on ne leur avait pas demandé ". C'était probablement l'organisateur ou l'agent qui avait fait un arrangement, sans doute pour lécher les bottes de Madame Marcos. Plus tard, on a rapporté qu'elle aurait déclaré : " Oh, de toute manière, je ne les ai jamais aimés - leur musique est horrible ! ". Tout le pays nous est tombé dessus. Les gens hurlaient et braillaient tandis qu'on essayait d'atteindre l'aéroport. Personne n'a voulu nous conduire. On n'a pas pu trouver de voitures, rien n'était disponible. Finalement, quelqu'un a réussi à dénicher une voiture ou deux et on a mis

nos bagages dans l'une et nous dans l'autre. On nous a emmenés à l'aéroport et deux choses se sont produites simultanément : les officiels et la police essayaient de nous taper dessus, nous insultaient et brandissaient le poing, et en même temps, les jeunes qui étaient là poursuivaient la Mania !

Neil Aspinall : Ils nous ont vraiment mis des bâtons dans les roues. Sur le chemin de l'aéroport, un soldat nous a fait tourner encore et encore autour d'un rond-point, jusqu'à ce que je finisse par dire au chauffeur de s'arrêter.

Paul : On est arrivés à l'aéroport où on a découvert que les escaliers roulants ne fonctionnaient plus. On a dû monter à pied. " Quel est le problème ? " - " On ne sait pas, on n'est pas sûr " - " Quelqu'un pourrait porter nos bagages dans ce cas ? On dirait qu'il n'y a aucun porteur en vue ". On nous disait : " Portez vos bagages vous-mêmes ". " D'accord - tirons nous d'ici si c'est comme ça que ça doit se passer ". Derrière l'immense baie vitrée commune à tous les aéroports, là où les taxis attendaient à l'extérieur, les chauffeurs de taxi philippins cognaient dans la vitre en baragouinant.

Neil Aspinall : Comme personne ne voulait nous aider à transporter le matériel, on a utilisé les escaliers roulants, mais ils se sont immobilisés. On a dû se coltiner tout notre barda jusqu'en haut, et une fois qu'on y est arrivés, les escaliers se sont remis en marche. Les Beatles allaient à Delhi et le matériel, lui, retournait en Angleterre. Au comptoir d'enregistrement, on disait " Ca, ça va à Delhi " et eux le mettaient dans la pile de ce qui partait en Angleterre ! Pour finir, Mal a sauté par-dessus le comptoir et a pris les choses en mains, parce que sinon, personne ne l'aurait fait.

George : On transportait tous des amplis et des valises -personne ne nous aidait en rien - mais la mania continuait et les gens essayaient de nous agripper, tandis que d'autres essayaient de nous frapper. On a quand même fini par enregistrer. Au comptoir d'enregistrement, ça a duré des siècles. On a fini par entrer dans la salle de départ, une pièce immense, mais là, les voyous sont réapparus - les mêmes types en chemisettes qui nous avaient gueulés dessus dès notre descente d'avion, quand on était arrivés à Manille. En plus de Neil et de Mal, on avait emmené Alf Bricknell avec nous pour donner un coup de main, et je l'ai vu se faire frapper par un des voyous. Il y en avait tout un tas qui venaient vers nous, nous bousculant et criant : " Venez donc ici ! ". Ils nous forçaient à battre en retraite, mais un autre surgissait d'un autre côté et remettait ça : " Venez ici ! ". J'essayais de garder un œil sur tout le monde, de rester en avant pour les éviter. C'était vraiment négatif. J'ai repéré deux moines bouddhistes et suis allé me planquer derrière eux.


Ringo : ils criaient des slogans, tout le long du chemin, il y a avait des gens qui nous haïssaient, et maintenant, à l'aéroport, ils se mettaient à cracher vers nous, à cracher sur nous. On connaît la fameuse histoire de John et moi nous planquant derrière des bonnes sœurs. On se disait " C'est un pays catholique, ils ne vont pas frapper des bonnes sœurs ! ".

John : Sur le chemin vers l'aéroport, les gens nous acclamaient, mais j'ai repéré quelques vieux qui nous conspuaient. Quand ils nous sont tombés dessus à l'aéroport, je suis resté pétrifié. J'ai cru qu'ils allaient me frapper. Alors, je me suis dirigé vers trois nonnes et deux moines, pensant que ça les arrêterait. Pour autant que je sache, je n'ai été que bousculé, mais j'ai pu être frappé sans m'en apercevoir. Ils disaient : " On traite vous comme passagers ordinaires ! Passagers ordinaires ! " - " Des passagers ordinaires ? On ne leur tape pas dessus, si ? ". J'en ai repéré cinq dans des espèces d'uniformes qui menaient la danse, ils cognaient, nous conspuaient et hurlaient. J'étais pétrifié et pas mal bousculé. J'étais très délicat et je changeais de place à chaque fois qu'ils me touchaient. C'est Brian qui a foiré. Il avait reçu l'invitation et l'avait déclinée sans rien nous dire. Et le lendemain, ils n'ont pas accepté notre refus et nous ont pourchassés et bousculés à l'aéroport, et ont refusé de porter nos bagages. C'était terrifiant.

Paul : On a eu assez peur. La plupart des agressions (heureusement pour nous) étaient dirigées contre notre entourage. Je crois qu'Alf s'est fait balancer en bas des escaliers. Mais la plupart du temps, ils ne faisaient pas ça ouvertement, même s'ils étaient furieux. On se sentait un peu coupables, mais on ne s'estimait pas responsables.
En en sachant un peu plus aujourd'hui sur le régime, je crois que c'est qu'ils ont délibérément ignoré le fait qu'on leur ait dit qu'on ne viendrait pas : " Qu'ils essayent donc de ne pas venir, on va leur rendre la vie difficile ". Il y avait un groupe de bonnes sœurs dans un coin et quand les poings se sont mis à voler, avec tous les chauffeurs de taxis derrière la baie vitrée, on est allés vers elles. (Ca aurait fait une bonne petite photo : les bonnes sœurs et les Beatles dans un coin. D'une certaine manière, on avait beaucoup en commun : nous avions des costumes noirs et formions ainsi deux petits groupes à l'évidence assez similaires. On est restés derrière elles. " Il va falloir leur passer sur le corps pour nous atteindre, il va falloir passer sur leurs corps, mon pote ".
Elles ne nous ont pas vraiment protégés, elles sont restées là, l'air un peu perplexe. Partout où elles allaient, on allait avec elles.

Neil Aspinall : Tous ces voyous en chemises hawaïennes nous bousculaient, nous poussaient et nous cognaient dessus. C'était terrifiant. Je suis certain que personne n'a été gravement blessé, mais c'est parce qu'on n'a pas répliqué et qu'ils se sont contentés de nous pousser et de nous bousculer. On savait qu'il ne fallait pas se battre. Si on l'avait fait, les choses auraient pu très mal tourner. C'était très, très effrayant, et rien de tel ne nous était arrivé auparavant - et rien de tel n'est arrivé depuis.

George : On a fini par annoncer le vol. On est montés dans l'avion et le seul fait de nous retrouver à l'intérieur nous a procuré une sensation extraordinaire. Une impression de soulagement. Mais l'avion est resté là.
Enfin, il y a eu une annonce par haut-parleur : "Mr Epstein, Mr Evans et Mr Barrow… " (Tony, qui était à l'époque notre attaché de presse) " …sont priés de descendre de l'avion ". Ils ont tous les trois dû descendre : ils avaient l'air terrifié.
Mal est passé près de moi dans l'allée centrale. Il a éclaté en sanglots et m'a dit en se tournant vers moi : " Dis à Lil que je l'aime " (Lil était sa femme). Il croyait que ça y était : l'avion allait partir et il allait se retrouver coincé à Manille. Tout le monde se demandait : " Mais bordel de merde, qu'est-ce qui se passe " ?

Paul : Quand on est montés dans l'avion on a tous embrassé les sièges. On avait l'impression d'avoir trouvé un sanctuaire. On revenait d'un pays étranger où toutes les règles étaient différentes et où les gens portaient des revolvers. Ca ne nous avait que très modérément enthousiasmés. Et puis on a fait l'annonce. Tony, Mal et Brian ont dû retourner dans la gueule du lion et on leur a fait payer une taxe d'aéroport si exorbitante qu'ils avaient dû la rêver. Curieusement, je crois que c'était l'équivalent exact de la recette des concerts. Je crois que c'était ça, le fin mot de l'histoire.

George : On est restés assis là pendant ce qui nous a paru durer deux heures. Ca n'a probablement duré que 30 minutes à une heure, mais il faisait chaud et humide. En fin de compte, quand ils sont remontés à bord, la porte avant a été refermée et l'avion a été autorisé à décoller. Ils ont pris l'argent qu'on avait gagné, et le tour a été joué. On a quitté l'endroit, ça a été un grand soulagement. J'en voulais tellement à ces gens !

Paul : Je me rappelles que, quand on est rentrés au pays, une journaliste a demandé à George : " Ca vous a plu ? " Et il a répondu : " Si j'avais une bombe atomique, je retournerais là bas et je la leur lâcherais dessus "
Ca a été un fâcheux petit voyage, mais le bon côté de la chose (quand on a découvert ce que Marcos et Imelda avaient fait à leur peuple, et l'arnaque qu'avait probablement été toute l'affaire) c'est qu'on a été contents d'avoir fait ce qu'on avait fait. Super ! On doit être les seules personnes qui aient jamais osé snober Marcos. Mais on a compris ce qu'on avait fait, politiquement, que des années plus tard.

Ringo : On fantasmait. On croyait qu'on allait nous jeter en prison parce que c'était une dictature là bas à l'époque, pas une démocratie. On perd ses droits sous une dictature, qui qu'on soit. Alors on n'allait sûrement pas ressortir de l'avion. Les gars de notre équipe ont été autorisés à remonter à bord, et ça a été la première et la dernière fois que j'ai mis les pieds à Manille.

Neil Aspinall : Je suis sûr qua ça a profondément fait réfléchir le groupe sur les tournées. Ca a sans douté été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

George Martin : Quand ils ont quitté le pays, ils ont dit : " Plus jamais, terminé ". Ils ont dit à Brian qu'ils ne voulaient plus partir en tournée. Brian a répondu : " Désolé les enfants, mais nous avons quelque chose d'organisé au Shea Stadium. Si nous annulons, nous perdons un million de dollars " - " Ah bon ? "… et ils ont joué au Shea Stadium.

John : AUCUN AVION NE FERA ESCALE AUX PHILIPPINES AVEC MOI DEDANS. JE NE VOUDRAIS MEME PAS SURVOLER LE PAYS . ON NE RETOURNERA JAMAIS DANS AUCUN DE CES ASILES DE DINGUES.





Sources :
The Beatles Anthology - Coffret DVD
The Beatles Anthology - Le livre
Rédaction : Billy Shears
Illustrations : Geeloo, Coyote, Krystel
© lucy in the web - Juin 2003


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