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La chanson de Lucy, par Mumu

DVD Plastic Ono Band
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Bonsoir Paris, les Beatles et la presse française
Bonsoir Paris, les Beatles et la presse française


30 juin - 5 juillet 1966. Six jours dans la vie des Fabs.
Six jours de bruit et de fureur, six jours "ordinaires" d'une existence extraordinaire lorsqu'une heure valait un jour, un jour une semaine, une semaine un mois et un mois toute une vie !
Lucy revient sur cette tournée hors du commun.

La tournée au Japon, raconté par les Beatles


The Beatles in Japan. Anthology le livre - pages 215 et 216

L'histoire commence par un concert à Hambourg (où, dit Ringo, " il était assez incroyable d'y retourner en 1966 ").


George : Ca a bien plu à John d'y retourner. Pourtant, ça a encore été un passage éclair - tout était fugace à cette époque. Le lendemain, on devait prendre un avion pour Tokyo, alors immédiatement après le concert, on nous a emmenés hors de Hambourg dans un schloss -un grand château-hôtel- où on a passé la nuit, puis on a pris l'avion jusqu'à Heathrow et là, on a sauté dans celui pour le Japon. Manque de chance, il y avait un ouragan à Tokyo et notre avion a été détourné sur l'Alaska.

Ringo : Pour nous, Anchorage en Alaska ressemblait à une ville de western. Mon seul bon souvenir, c'est qu'à l'aéroport, il y avait un superbe et colossal ours polaire dans une cage en verre.

George : Je me rappelle avoir regardé par le hublot durant le vol ; et l'Alaska m'est apparu comme un pays fabuleux : des montagnes, des forêts de pins d'un vert entêtant, de splendides lacs et rivières. A mesure que l'on descendait, les lacs et les arbres se sont éloignés et quand on a atterri, on s'est retrouvés au beau milieu d'un chaos crée par l'homme à coups de bulldozer au cœur de toute cette beauté.
Je me suis dit " et c'est reparti ". L'humanité ne cesse de fabriquer des trucs infects dont elle finira par recouvrir la planète. Tous ces affreux petits hôtels qu'ils dégueulent - des cubes en ciment. C'était tellement frappant là bas en Alaska. D'habitude, tout ça est absorbé par les villes, mais là, au beau milieu des millions d'hectares d'une forêt admirable, ça fait un peu désordre. Ma sollicitude à l'égard de la planète a probablement commencé dans une vie antérieure. Quand j'étais enfant, j'allais me promener tout seul et j'aimais être en contact avec la nature, le ciel et les arbres, les plantes et les insectes. On est restés là bas environ douze heures. Je n'y suis jamais retourné, mais j'aimerais bien le faire un jour. On est partis pour Tokyo. A notre descente d'avion, on nous a entassés dans de petites voitures style années 40 en compagnie de policiers coiffés de casques métalliques assez semblables à ceux des soldats américains de la 2e Guerre mondiale. On nous a escortés en convoi jusqu'à la ville, déposés au Tokyo Hilton et installés dans notre suite du dernier étage - et puis voilà. On ne nous a laissés sortir de nos chambres qu'au moment du concert. Pour nous venger des gens qui ne nous laissaient pas sortir, on leur demandait de faire monter des marchands dans notre suite. Ils apportaient des grandes boîtes et des coffrets remplis de kimonos dorés, de jade, de porte encens et de petits objets gravés qu'on achetait : " on va leur montrer ! ". Nous, on voulait aller faire du shopping.
L'organisateur s'est montré très généreux. Il a offert des caméras à Mal et à Neil, et à nous des Nikon (et un Nikon, à cette époque, c'était un assez joli jouet).
Partout où on allait, il y avait des manifestations contre une chose ou une autre. L'Amérique était toujours secouée par les émeutes raciales quand la Beatlemania déferla. Au Japon, il y avait des grèves étudiantes, plus des gens qui manifestaient parce que le Budôkan (où on devait jouer) était censé être un lieu spirituel réservé aux arts martiaux. Au Budôkan, on acceptait que la violence et la spiritualité, pas la pop music.


Paul : On est restés longtemps enfermés dans l'hôtel, et des marchands venaient nous présenter de l'ivoire et différents cadeaux. Les gens allaient à Tokyo pour faire du shopping, mais nous, on n'avait pas le droit de sortir. J'ai essayé une fois, mais un policier m'a couru après. J'ai fini par arriver à mes fins, mais il a rameuté la moitié des flics de Tokyo pour nous escorter. Je voulais aller voir le palais de l'empereur, mais le policier n'était pas très chaud.

Neil Aspinall : John et moi, on s'est faufilés hors de l'hôtel - et Paul et Mal aussi. Je crois que la sécurité a coincé Paul et Mal, mais John et moi avons réussi à aller au marché local, et c'était super. C'était un tel soulagement d'être dehors ! On a jeté un œil et on a acheté des trucs, mais les flics nous ont retrouvés et nous ont dit " vilains garçons ! Revenez avec nous ! " .

Paul : On a fait de la peinture collective dans la chambre. On a chacun commencé par le coin d'une feuille de papier et on a dessiné en allant vers le centre jusqu'à ce que les peintures se rejoignent. C'était seulement pour passer le temps. J'ai récemment revu la chose : un tourbillon psychédélique de gribouillages colorés.
Les Japonais avaient organisé de façon très efficace notre déplacement jusqu'à la salle de concert. Ils avaient des talkies-walkies, à une époque où on n'en voyait pas souvent. Ils sont venus nous chercher à l'heure exacte prévue par l'emploi du temps.

Ringo : Ce qui était rigolo à Tokyo, c'était les horaires. Les Japonais vénèrent l'exactitude. Ils voulaient qu'on quitte notre chambre à 19h14, qu'on monte dans l'ascenseur à 19h15 et demie, lequel ascenseur devait mettre une minute et huit secondes pour nous amener à la voiture et ainsi de suite. On attendait de nous qu'on soit ponctuels. Mais quand ils ont frappé à la porte, on n'est pas sortis. On a totalement ruiné leur programme et on a vu tous ces types devenir absolument cinglés parce qu'on n'avait pas posé le pied dans le couloir à 19h14 et un tiers de seconde !
On savait ce qu'on leur faisait. C'était notre manière de nous amuser en tournée, nos petits écarts à nous. On n'a pu quitter notre chambre que pour aller jouer.


Paul : La place de chacun était prévue dans chaque voiture. Stupéfiante efficacité dont on n'avait jamais vu l'équivalent en Grande-Bretagne. Sur le chemin du concert, il y avait des patrouilles de police à chaque coin de rue pour que les fans ne créent pas de désordre en nous saluant là où ça leur chantait. Ils avaient été regroupés en paquets dans des endroits d'où ils étaient autorisés à saluer et, tandis qu'on passait dans une rue, on entendait un petit " iiiiiiiiiiik ! ", et puis on faisait quelques centaines de mètres en plus, et on entendait un autre " iiiiiiiiik ! "
Au Budôkan, on nous a montré d'ancienne armures de Samouraïs qu'on a dûment admirées à la façon de vrais touristes " Très beau ! Très vieux ! ".
On a été bien plus sidérés de voir les femmes céder leur siège à l'organisateur, parce qu'on n'avait jamais vu ça en Occident. La soumission des femmes était incroyable. Elles disaient " Oh mon Dieu, je suis désolée ! J'étais sur votre siège ? ". Quand on est rentrés en Grande-Bretagne, on a dit à nos femmmes et à nos petites amies :
" Ce n'est pas que je voudrais que tu en fasses autant, mais c'est peut-être à envisager ? ". Aussitôt refusé.
On a enfilé nos chemises jaunes et nos élégants costumes vert bouteille. Le truc des costumes, c'était que ça nous donnait l'impression de faire partie d'une équipe. Quand on arrivait, on était des civils, mais dès qu'on enfilait nos costumes, on devenait les Beatles - le monstre à quatre têtes. Ca me plaisait bien qu'on porte tous les même vêtements parce que j'avais l'impression de faire partie d'un ensemble. Alors qu'on regardait en douce depuis les coulisses pour voir l'endroit se remplir, on a vu des policiers entrer de chaque coté et occuper entièrement le premier rang, au balcon comme au parterre. Ensuite, seulement, la foule a été autorisée à entrer. Les gens se comportaient très sagement par rapport aux foules occidentales, mais ils avaient, malgré tout, l'air ravi.
Un curieux groupe local est passé avant nous. C'était l'époque où les Japonais ne savaient pas vraiment faire du Rock'n'roll, même si aujourd'hui, ils se sont plutôt bien rattrapés. Ils chantaient une chanson qui disait " Hello Beatles ! Welcome Beatles ! " - un truc plutôt ringard en termes de rock'n'roll, mais c'était très sympa de leur part. Notre concert s'est bien passé.

Neil Aspinall : Le concert a été plutôt bizarre ! C'étaient les adeptes du jiu-jitsu qui utilisaient le Budôkan, et ils considéraient l'endroit comme leur temple. C'était la première fois qu'un groupe de Rock passait là-bas et ça ne leur plaisait pas. Ils avaient proféré des menaces, c'est pourquoi il y avait énormément de policiers. Les Japonais étaient très disciplinés. Il y avait 3.000 policiers pour 10.000 fans. La police était partout et tenait la foule à l'œil.


George Martin : C'était préoccupant. Alors que nous étions en Allemagne, George avait reçu une lettre disant : " Tu ne passeras pas le mois qui vient ". Quand ils sont arrivés au Japon, on les a tellement protégés qu'ils ne pouvaient plus faire un geste. Les Japonais avaient pris ces menaces de mort très au sérieux.

Ringo : Le public a été inhabituellement calme. Quand on regarde le film du concert, on s'aperçoit qu'il y a un flic par rangée. Les gens étaient très excités dans leurs sièges pendant qu'on jouait, mais ils ne pouvaient pas le montrer.

Neil Aspinall : Pour la première fois depuis longtemps, le public a pu écouter. On n'entendait pas de hurlements incessants, ce qui était une surprise : le groupe a tout d'un coup réalisé qu'il jouait faux et a dû se ressaisir. Le second concert a été plutôt bon -ils s'étaient ressaisis- mais le premier, dans l'après-midi, a été assez déroutant.

George : Le public était réservé mais debout malgré tout - il a essayé en tout cas, mais le stade était rempli de policiers munis d'appareils photos avec des téléobjectifs, et tous ceux qui se levaient et faisaient mine de se précipiter vers la scène étaient photographiés. Les gens n'avaient pas beaucoup de possibilités de réagir à notre musique. L'accueil a été chaleureux - mais un peu aseptisé comme l'est le Japon. Pour retourner à l'hôtel, ça a été la même procédure à l'envers : concert, retour à notre hôtel et point final. C'était réglé comme une opération militaire.





Sources :
The Beatles Anthology - Coffret DVD
The Beatles Anthology - Le livre
Rédaction : Billy Shears
Illustrations : Geeloo, Coyote, Krystel
© lucy in the web - Juin 2003


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